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Mardi 12 Janvier 2010
Demandeurs d'Asile - Un afflux inédit
« La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre toute sa part » : en 1989, le Premier ministre de l’époque, Michel Rocard, avait fait sensation en livrant sa vérité d’humaniste éclairé et de social-démocrate convaincu. Vingt ans plus tard, notre pays est toujours confronté au même dilemme : être fidèle à sa tradition d’accueil de notre pays sans céder à l’angélisme qui fait la fortune des passeurs, ces esclavagistes des temps modernes.
La Ville d’Angers est aujourd’hui confrontée à un afflux inédit de demandeurs d’asile. Actuellement dans le Maine-et-Loire concentre, à lui seul, 45% des demandes déposées auprès de l’OFPRA dans la région des Pays de la Loire. Tous les acteurs locaux sont sur la brèche : associations, municipalité, conseil général et Etat.
Les associations d’abord. Elles font un travail remarquable pour accueillir et accompagner les familles qui arrivent de l’Afrique de l’Est ou des Balkans. J’ai eu l’occasion de le mesurer en rencontrant, à plusieurs reprises, les responsables de l’Abri de la Providence et de Cada Adoma. Les associations sont soutenues par les collectivités locales : elles doivent continuer à l’être.
La municipalité ensuite. La création du Point Accueil Santé Solidarité (PASS) et l’activation de réseaux de solidarité locale ont permis de gérer l’urgence. Mais il faut dire que la constitution de squats à Angers a provoqué un appel d’air à l’échelle nationale : les passeurs ont ainsi pu se livrer à leur trafic morbide. En un an, les demandes d’asile ont bondi de 78%. Dans ces conditions la dignité de l’Homme n’est plus respectée.
Le Conseil général aussi. Le Département mène une politique audacieuse d’accueil et de soutien des familles étrangères en cours de régularisation sur son territoire. 2 millions d’euros ont été mobilisés cette année, notamment pour l’Aide sociale à l’Enfance et l’Espace accueil de l’Abri de la Providence.
L’Etat enfin. Il est compétent pour proposer la prise en charge des demandeurs d’asile dans un centre d’accueil. Si, en Maine-et-Loire, un dispositif d’accueil avec 535 places d’hébergement existe et fonctionne, il est nécessaire qu’une régulation régionale soit réellement mise en place. Notre département ne peut pas être le seul à faire tous les efforts pour accueillir dignement toutes ces familles. Chaque département de notre région doit prendre ses responsabilités.
Il est indispensable que ces quatre acteurs continuent à travailler ensemble pour gérer ces situations dramatiques. Mais les vraies réponses ne sont pas qu’à Angers ou à Paris : elles doivent être trouvées au niveau européen avec une politique cohérente et assumée de co-développement. C’est tout le défi des prochaines années.

